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Inverser la courbe du chômage : un pari empoisonné ?

26 Déc

Malgré une politique de l’emploi des contrats aidés, un Bug SFR/Pôle emploi et une interprétation « sapinesque » des chiffres du chômage, le gouvernement n’arrive toujours pas à inverser la courbe du chômage.

PE_26122013Face à ces mauvais chiffres, Michel Sapin est revenu de son fief d’Argenton-sur-Creuse pour une conférence de presse inédite et minutée et Jean-Marc Ayrault se déplacera demain à Lorient à l’agence Pôle emploi Lorient-Marine pour poursuivre l’évangélisation.

Quant à François Hollande, il confirme que « L’inversion de la courbe du chômage (…)  est bien amorcée »

….sauf pour les seniors dont le nombre de chômeurs de catégorie A augmente fortement ce mois-ci de +1,3%, conséquence d’un contrat de génération défaillant.

Les chiffres

Le chômage repart à la hausse au mois de novembre 2013 avec +17 800 demandeurs d’emploi de catégorie A, soit +0,5%, pour s’établir à 3 293 000. Sur un an, il croît 5,6%.

Après une forte augmentation au mois d’octobre 2013 (+60 100 chômeurs), le nombre de chômeurs en activité réduite diminue de -24 700 pour s’établir à 1 583 100. Les chômeurs en activité réduite courte, catégorie B, diminuent de -3,1% et les chômeurs en activité réduite longue, catégorie C, diminuent de -0,4%.

Au total, le nombre de demandeurs d’emploi des catégories A, B et C baisse légèrement de -0,1%, soit -6 900, pour s’établir à 4 876 100 chômeurs en France métropolitaine.

Le chômage des jeunes des catégories A, B et C diminue de -0,9% et celui des seniors augmente de +0,7%.

769 800  jeunes et 1 041 700 seniors sont au chômage au mois de novembre  2013.

Le chômage de longue durée, un an ou plus, catégories A, B et C, continue d’augmenter de +0,3% pour s’établir à 2 035 300.

Le chômage d’une durée de 3 ans ou plus poursuit également sa hausse avec +1,1%. Il atteint 582 000, soit une augmentation de +6 400 chômeurs.

Les allocataires du RSA inscrits en catégories A, B et C augmentent de +8 600  bénéficiaires pour s’établir à 808 800, soit 16,3 des demandeurs d’emploi inscrits dans ces trois catégories.

Quant aux radiations administratives, elles baissent légèrement de -9 400 radiations, contre +10 800 le mois précédent et s’établissent à 43 200.

208 200 cessations d’inscription pour défaut d’actualisation ont été comptabilisées ce mois-ci, en augmentation de + 22 700 par rapport au mois précédent.

L’écran de fumée des contrats aidés

La montée en charge des contrats aidés atteint, comme prévu, son apogée à la fin de l’année. 500 000 contrats aidés ont été conclus en 2013, dont +76 000 au 4ème trimestre. Leur durée initiale a été prorogée afin de renforcer l’inversion de la courbe du chômage d’ici la fin de l’année. Néanmoins, ces dispositifs ont des limites. Seuls les contrats aidés du secteur marchand assurent un taux d’insertion de 60,9% dans l’emploi durable (CDI, CDD de plus de 6 mois, titularisation dans la fonction publique) contre 26,6% pour les contrats aidés du secteur non marchand, selon les dernières données publiées par la Dares.

Face aux économies budgétaires, le nombre de contrats aidés diminuera en 2014 pour s’établir à 400 000.

Dès lors, le gouvernement va devoir tabler sur une reprise de l’économie en 2014 pour relancer le marché du travail. L’Insee la qualifie déjà de « poussive » et l’estime à +0,7%, toujours insuffisante pour l’emploi. En outre, l’Institut de la statistique est moins optimiste que le gouvernement et prévoit une augmentation de +0,1 point du taux de chômage à mi-2014 qui devrait s’établir à 11,0%.

Baisse relative du chômage des jeunes

Le chômage des catégories A, B et C n’enregistrant pas une baisse continue, le gouvernement appuie sa communication depuis plusieurs mois sur la baisse continue du chômage des jeunes de catégorie A.

Le chômage des moins de 25 ans a baissé de manière continue à partir du mois de mai 2013 avec -0,5% et 557 600 demandeurs d’emploi jusqu’au mois d’août 2013 avec -3,6% et 531 900 chômeurs.

Suite au bug de SFR et de Pôle emploi, le chômage des jeunes est reparti à la hausse, +3,0% et avec 547 700 demandeurs d’emploi. Selon le gouvernement, les chiffres du chômage sont donc faussés pour le mois de septembre 2013 et cette forte hausse est à relativiser.

En novembre, Michel Sapin a annoncé une baisse du chômage de 0,6% au mois d’octobre 2013 pour les demandeurs de catégorie A. Il n’évoque plus le bug qui devait s’étaler sur plusieurs mois. A y regarder de plus près, le chômage des jeunes de moins de 25 ans s’établit à 535 100 au mois d’octobre 2013 avec une forte baisse de -2,3% ; chiffres en baisse mais qui sont toujours plus élevés que ceux du mois du mois d’août 2013 avec 531 900 chômeurs.

Entre le mois d’août 2013 et le mois d’octobre 2013, le chômage des jeunes a augmenté de +3 200 demandeurs d’emploi et il repart à nouveau à la hausse en novembre 2013, +0,4%, soit +2 300 chômeurs supplémentaires pour s’établir à 537 400 chômeurs de catégorie A de moins de 25 ans.

Les chiffres du Medef

Pour le Medef, les entreprises rencontrent toujours des difficultés à recruter. La dernière enquête de l’Observatoire Tendances Emploi Compétences (TEC) du patronat pour le 3ème trimestre (Juillet-Août-Septembre 2013) auprès 40 000 entreprises de toutes tailles et de tous secteurs, a mis en évidence les constats suivants :

  • Recrutements lancés : 835 291 recrutements ont été menés au 3e trimestre 2013. Cela marque une stabilité par rapport au trimestre précédent mais ils ont été réalisés par un plus grand nombre d’établissements, majoritairement des TPE.
  • Recherches abandonnées : 132 690 recherches ont été abandonnées, chiffre en légère augmentation par rapport au trimestre précédent.
  • Recrutements menés avec difficultés : 165 667 recrutements ont été menés avec des difficultés, nombre en baisse par rapport au 2e trimestre 2013.
  • Baisse des recrutements effectifs : la baisse se poursuit, soit 702 601 postes au 3e trimestre 2013 contre 729 802 postes au 2e trimestre (rappel : 976 825 au 4e trimestre 2012), principalement dans les régions Ile-de-France, Rhône-Alpes, Champagne-Ardenne, Centre, Nord-Pas de Calais, Pays de la Loire, Bretagne, Aquitaine et Midi-Pyrénées.

Les recrutements concernent toujours les mêmes métiers (employés et agents de maîtrise de l’hôtellerie et de la restauration, cuisiniers, conducteurs de véhicules, cadres et technico-commerciaux, ingénieurs et techniciens de l’informatique).

Ces offres non pourvues sont-ils le résultat de métiers moins attrayants dans la restauration, dans l’hôtellerie, dans la conduite de véhicules sans évolution de carrière ? De certains métiers sous-payés ? D’une inadéquation des compétences des profils et des offres proposées et donc un défaut de formation ? De l’inefficience du service public de l’emploi ?….

DARES : Demandeurs d’emploi inscrits et offres collectées par Pôle emploi en novembre  2013

chomage infographie Novembre2013  copie

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Forte hausse des chômeurs en activité réduite : l’omission de Michel Sapin

28 Nov

A l’heure de la polémique sur la retraite-chapeau indécente de Philippe Varin, des plans sociaux incessants dont le dernier de la société de transport Mory Ducros frappant 5 000 salariés, de 62 500 défaillances d’entreprises et de 107 700 destructions d’emploi en un an, les éléments de langage de François Hollande s’adaptent à la conjoncture et à l’opinion publique.

ActualisationPE

En déplacement à Aubervilliers ce jeudi matin pour promouvoir le contrat de génération, il connaît déjà les chiffres du chômage provoquant une communication chaotique. Le chef de l’Etat n’évoque plus la date butoir de la fin de l’année mais s’attache uniquement à « l’inversion de la courbe du chômage », « la baisse du chômage ». Il ajoute avec beaucoup d’hésitation que « c’est une bataille que nous avons engagée. Elle se fera mois par mois. Nous devons y travailler sans cesse et ça nous prendra tout le temps nécessaire, ce mois-ci comme les autres mois. Et ce qui compte c’est cette tendance que nous devons imposer. » Il termine en regardant Michel Sapin « c’est que le chômage doit cesser d’augmenter ».

Les chiffres

Michel Sapin se targue d’annoncer une baisse du chômage pour le mois d’octobre, uniquement pour la catégorie A. Il n’est déjà plus question du Bug Pôle Emploi – SFR qui devait pourtant se répercuter sur deux mois. Les demandeurs d’emploi de catégorie A baissent de -0,6%, soit -20 500 chômeurs pour s’établir à 3 275 200 en France métropolitaine. Grâce aux contrats aidés, le chômage des jeunes de catégorie A diminue de -2,3%, soit -12 400 chômeurs pour s’établir à 535 100.

En revanche, Michel Sapin se garde bien d’évoquer la forte augmentation des chômeurs en activité réduite (catégories B et C).  En effet, les chômeurs en activité réduite courte augmentent de +3,7% et ceux en activité réduite longue de +4,0%. Au total, ces chômeurs subissant ces emplois à temps partiel et ces contrats précaires s’établissent à 1 607 800, soit +60 100 chômeurs supplémentaires. Quand on pense que ce dispositif d’activité réduite devrait être réexaminé lors de la renégociation de la convention d’assurance chômage par la dégressivité des allocations versées en complément des revenus d’activité, la précarisation des chômeurs pourrait s’accroître.

Au total, le nombre demandeurs d’emploi des catégories A, B et C augmente de +0,8% au mois d’octobre 2013, soit +39 600, pour s’établir à 4 883 000 chômeurs en France métropolitaine.

Bien évidemment, le ministère du Travail peut retirer tous les licenciés économiques auxquels est proposé le contrat de sécurisation professionnelle (CSP) qui ne sont pas comptabilisés dans les chiffres du chômage. Ayant le statut de stagiaire de la formation professionnelle, ils n’entrent pas dans les catégories A, B et C.

Quant au chômage des jeunes et des seniors des catégories A, B et C, il poursuit sa hausse au mois d’octobre 2013 avec respectivement +0,3% et +1,1%.

777 000  jeunes et 1 034 800 seniors sont au chômage au mois d’octobre  2013.

Le chômage de longue durée, un an ou plus, catégories A, B et C, continue d’augmenter de +1,4% pour s’établir à 2 029 900.

Le chômage d’une durée de 3 ans ou plus poursuit également sa hausse avec +1,2%. Il atteint 575 600, soit une augmentation de +6 900 chômeurs.

Les allocataires du RSA inscrits en catégories A, B et C augmentent de +20 700  bénéficiaires pour s’établir à 800 200, soit 15,9% des demandeurs d’emploi inscrits dans ces trois catégories.

Quant aux radiations administratives, elles augmentent fortement ce mois-ci avec +10 800 radiations, contre + 1 200 le mois précédent et s’établissent à 52 600.

185 500 cessations d’inscription pour défaut d’actualisation ont été comptabilisées ce mois-ci, en diminution de -14 800 par rapport au mois précédent.

chomage infographie Octobre 2013  copie

La Manif’ du 7 décembre

Face à cette situation et pour la 11ème année consécutive, les quatre organisations de défense des chômeurs et précaires, MNCP, APEIS, AC et la section CGT chômeurs de Paris, ont appelé à manifester le samedi 7 décembre à Paris, place Stalingrad.

Lors de la conférence de presse du 27 novembre, les représentants des organisations ont rappelé la pénurie d’offres d’emplois et ont également dénoncé les conditions faites aux chômeurs à Pôle Emploi. Les chômeurs, citoyens à part entière, doivent être entendus, et notamment lors des prochaines négociations UNEDIC qui se tiendront au premier trimestre 2014.

DARES : Demandeurs d’emploi inscrits et offres collectées par Pôle emploi en octobre 2013

Pour aller plus loin :

 

Hausse des bénéficiaires d’allocations

11 Nov

Les chômeurs indemnisés par Pôle emploi augmentent de +0,8%

POLE_EMPLOI_NEW_13-11Au 30 septembre 2013, 2 714 500 chômeurs sont indemnisés par Pôle emploi, soit une augmentation de +14 900 chômeurs par rapport au mois de juillet 2013 selon les données publiées par Pôle emploi le 5 novembre 2013.

Sur un an, le nombre de chômeurs indemnisés croît de +3,0%.

Cette évolution mensuelle s’explique par la hausse de +0,8% des bénéficiaires de l’ARE, AUD et ACA légèrement compensée par la hausse de +0,7% des bénéficiaires des allocations de solidarité (ASS, ATA, AER de remplacement, AEPE, ATS, Fonds transitoire).

2 926 300 personnes, toutes allocations confondues, y compris chômage, formation et préretraites, sont indemnisées par Pôle emploi au 30 septembre 2013. Le nombre d’allocataires augmente de +1,6% sur un mois et de +3,4% sur un an.

Par rapport au mois de juillet 2013, 30 900 personnes supplémentaires bénéficient d’une allocation, que ce soit une allocation chômage, de formation ou de préretraites.

Le nombre de demandeurs d’emploi dispensés de recherche d’emploi s’élève à 62 221 à la fin du mois de septembre 2013, soit une baisse de 14,0% en un trimestre et de 42,0% en un an.

A fin décembre 2012, 2 774 900 chômeurs sont indemnisés par Pôle emploi (+6,9% sur un an ) et 2 187 300 chômeurs ne sont pas indemnisés (+7,1% sur un an).

Pour aller plus loin : « Bénéficiaires d’allocations au 31 juillet 2013 » (09/09/2013)

BeneficiairesAllocations30septembre2013

Chômage : Pôle emploi, le Bug et Michel Sapin

24 Oct

Interrogé par Jean-Pierre Elkabbach sur Europe 1 mercredi, Michel Sapin a préparé le terrain en annonçant que les chiffres du chômage de septembre ne seraient pas bons. Il se défausse à nouveau sur Pôle emploi et le Bug de SFR.

Crédit photo : emploi.gouv.fr

Crédit photo : emploi.gouv.fr

Il ne lui reste donc plus que trois mois pour inverser la courbe du chômage sachant que la boîte à outils du gouvernement est défaillante avec 12 802 demandes d’aide au contrat de génération dont 650 déposées dans les entreprises de 50 à 300 salariés et dont 11 500 n’ont toujours pas été acceptées à ce jour.

La montée en charge de ce dispositif est très lente, voire un échec, avec +2 178 demandes d’aide enregistrées en un mois. Pourtant le gouvernement a accordé un délai supplémentaire (initialement la date limite est le 30 septembre 2013) aux entreprises de 300 salariés et plus pour conclure un accord collectif. L’objectif de 75 000 contrats de génération va être difficile à atteindre d’ici la fin mars 2014.

« Cet incident statistique a augmenté la baisse, si je puis dire, au mois d’août, il va augmenter la hausse au mois de septembre »

« Ils ne seront pas bons pour une raison très simple qui n’est pas une question de vérité. Comme vous le savez au mois d’août, il y a eu un incident statistique avec un bug SFR. […]Je l’ai dit d’ailleurs dès le mois d’août. J’ai dit le mois de septembre ne ressemblera pas au mois d’août. Si on veut regarder les tendances, prendre les deux chiffres, les mêler et on verra quelle est la moyenne […] Le Bug du mois d’août qui a donné un effet faussement positif donnera un effet ce mois-ci faussement négatif. ».

A cela s’ajoute une rhétorique très étonnante sur les difficultés économiques que rencontrent actuellement les entreprises bretonnes. Michel Sapin appelle à ne pas confondre « des drames locaux , des drames dans les entreprises avec la montée du chômage ». Pourrait-il le redire aux 900 licenciés de l’abattoir Gad Lampaul-Guimiliau qui vont nouvellement s’inscrire à Pôle emploi ? Mais étant donné que ces licenciés vont se voir proposer le contrat de sécurisation professionnelle (CSP), ils bénéficieront du statut de stagiaire de la formation professionnelle. Ils ne seront donc pas comptabilisés dans les chiffres du chômage. Ce ne sont que des drames humains invisibles et Michel Sapin peut continuer à marteler :

« Ne confondez pas ce drame là avec l’évolution du chômage, ce sont deux chiffres, bien entendu, extrêmement différents »

Bientôt les éléments de langage de Nicolas Sarkozy du mois de mars 2012 à l’antenne de France Info seront repris par Michel Sapin lorsque l’ancien président annonçait « une amélioration de la situation avec une baisse tendancielle de l’augmentation du nombre de chômeurs ».

Quant à Pôle emploi issu d’une fusion ratée entre l’ANPE et les Assédic , il n’a toujours pas trouvé ses marques et perd aujourd’hui toute crédibilité.

Les chiffres

Au mois de septembre 2013, le chômage augmente dans toutes les régions de France métropolitaine, de +10,7% en Basse-Normandie à +21,3% en Corse.

Le nombre de demandeurs d’emploi de catégorie A connaît une forte hausse avec +60 000 chômeurs au mois de septembre  2013 pour s’établir à 3 295 700 (+1,9%). Sur un an, il croît de +8,1%.

Le nombre de demandeurs d’emploi des catégories A, B et C augmentent fortement de +54 200 chômeurs pour s’établir à 4 843 400 (+1,1%). Sur un an, il croît de +7,3%.

Les chômeurs en activité réduite longue (catégorie C) décroît ce mois-ci de -1,3% après une augmentation de +0,5% le mois précédent. Quant aux chômeurs en activité réduite courte (catégorie B), il repart à la hausse avec +1,0%, après une baisse -2,6% au mois d’août 2013. Au total, les chômeurs en activité réduite (catégories B et C) diminuent de -5 800 pour s’établir à 1 547 700.

Le chômage des jeunes et des seniors des catégories A, B et C repart à la hausse avec respectivement +1,1% et +1,2%.

774 600 jeunes et 1 023 200  seniors sont au chômage au mois de septembre  2013.

Le chômage de longue durée, un an ou plus, catégories A, B et C, augmente de +0,8% pour s’établir à 2 001 300.

Le chômage d’une durée de 3 ans ou plus poursuit sa hausse avec +1,0%. Il atteint 568 700, soit une augmentation de +5 900 chômeurs.

Les allocataires du RSA inscrits en catégories A, B et C augmentent de +23 200 bénéficiaires pour s’établir à 779 500, soit 15,9% des demandeurs d’emploi inscrits dans ces trois catégories.

1 200 chômeurs supplémentaires ont été radiés administrativement au mois de septembre 2013 pour un total de 41 800 radiations.

200 300 cessations d’inscription pour défaut d’actualisation ont été comptabilisées ce mois-ci, en diminution de -77 200 par rapport au mois précédent.

Ces chiffres sont accablants et l’embellie ne semble pas être pour tout de suite.

En effet, l’OFCE vient de publier ses perspectives économiques pour 2013-2014. Il prévoit une croissance du PIB de 0,2% en 2013 et 1,3% en 2014. Néanmoins le potentiel rebond de la croissance de la France est freiné par la rigueur budgétaire. Il aurait dû conduire à une croissance spontanée moyenne de près de 2,6 % l’an au cours des années 2013 et 2014.

Selon l’OFCE, cette croissance serait trop faible pour améliorer la situation sur le marché du travail. Le taux de chômage augmenterait régulièrement pour s’établir à 11,4 % pour la France entière fin 2014.

chomage infographie copie septembre 2013

Pour aller plus loin :

DARES : Demandeurs d’emploi inscrits et offres collectées par Pôle emploi en septembre 2013

Prévisions financières de l’Unédic 2013-2014 : légère diminution du déficit

26 Sep

L’Unédic publie ce jour ses prévisions financières pour 2013 et 2014 afin de pourvoir à l’indemnisation des demandeurs d’emploi.

Crédit Photo : unedic.fr

Crédit Photo : unedic.fr

Au mois de mai 2013, l’Unédic avait réalisé un programme d’emprunt à hauteur de 90% de son déficit, soit 4,5 milliards d’euros sur un besoin total de 4,8 milliards d’euros pour l’année 2013. La situation financière de l’Unédic était alors de -18,5 milliards d’euros pour 2013 et de -24,1 milliards d’euros pour 2014.

Des prévisions financières dans un contexte de croissance

Suite à une croissance de +0,5% au 2ème trimestre 2013, le consensus des économistes a fortement revu ses prévisions pour l’année 2013 à la hausse.

L’Unédic s’appuie donc sur une croissance de +0,1% (contre une récession de -0,2% en mai 2013) en 2013 et de +0,8% en 2014 (contre une croissance de +0,7% en mai 2013). En outre, l’Unédic table sur une inflation limitée à +1,0% en moyenne annuelle en 2013 et à +1,5% en 2014.

Ralentissement des destructions d’emplois affiliés

En raison de la faiblesse de l’activité et des délais habituels d’ajustement de l’emploi à la croissance, les destructions d’emplois affiliés à l’Assurance chômage se poursuivraient en 2013.

L’Unédic prévoit 85 400 destructions de postes en 2013 (contre 143 600 destructions d’emploi initialement prévues pour 2013).

En 2014, sous les effets conjoints de la légère progression du PIB et de la montée en charge des effets du CICE, les destructions d’emplois affiliés à l’Assurance chômage ralentiraient et représenteraient 14 100 postes détruits (contre 40 800 destructions d’emploi initialement prévues).

Hausse modérée des chômeurs indemnisés

Au mois de décembre 2013, l’Unédic prévoit 3 294 200 demandeurs d’emploi inscrits en catégorie A, soit +168 800 inscrits sur l’ensemble de l’année.

En 2014, le nombre de demandeurs d’emploi inscrits en catégorie A progresserait à nouveau ; l’Unédic dénombrerait ainsi +75 600 inscrits sur l’année.

Les chômeurs exerçant une activité réduite courte ou longue (catégories B et C) augmenteraient de +86 100 en 2013 et +43 300 en 2014.

Le nombre de chômeurs potentiellement indemnisables, toutes catégories confondues, augmenterait +204 900 en 2013 puis ralentirait à +72 400 en 2014, après +310 900 en 2012.

Au final, l’Unédic dénombrerait 2 307 500 chômeurs indemnisés en décembre 2013, soit une hausse de +15 500 chômeurs sur l’année, après +131 700 en 2012. Sur l’ensemble de l’année 2014, l’évolution serait de +29 500 chômeurs.

Légère diminution du déficit de l’Unédic

Dans un contexte de croissance de +0,1% en 2013 et +0,8% en 2014 et une réglementation d’assurance chômage inchangée, l’Unédic prévoit un déficit de -4,1 milliards d’euros en 2013 et de -4,4 milliards d’euros en 2014.

Par rapport aux prévisions du mois de mai, la situation financière de l’Assurance chômage s’améliore. Elle serait alors de -17,9 milliards d’euros à fin 2013 et de -22,3 milliards d’euros à fin 2014.

Pour mémoire, l’Unédic prévoyait au mois de mai 2013, un déficit de -4,8 milliards d’euros pour 2013 et -5,6 milliards d’euros pour 2014 et une situation financière de -18,5 milliards d’euros en 2013 et -24,1 milliards d’euros en 2014.

Bien que le déficit de l’Unédic se stabilise, le patronat fait part de ses préoccupations.  Dans sa conférence de presse du 17 septembre dernier, le président du Medef, Pierre Gattaz a insisté sur les déficits des régimes paritaires qu’il trouve « inacceptables ». Il ajoute que « pousser des tas de sable éternellement devant nous, c’est suicidaire, c’est irresponsable. ». Pierre Gattaz est en effet très attentif au déficit de l’Unédic. Il prône un régime de « rigueur » et un « système incitatif » de retour à l’emploi. Si rien n’est fait, la dette de l’Unédic va « atteindre 45 milliards en 2017 », le déficit se creusant de 5 milliards par an. Une volonté de retour à l’équilibre sera un des points de la renégociation de la convention d’assurance chômage, peut-être par un retour de la dégressivité des allocations chômage.

Parallèlement à cette préoccupation patronale, le projet de loi de Finances pour 2014 prévoit « un retour progressif à l’équilibre du régime d’assurance chômage à l’horizon 2017. Ce retour à l’équilibre se traduit pour 2014 par une inflexion des dépenses de l’Unédic de 0,3 millliard d’euros par rapport à la trajectoire spontanée, ce qui suppose une stricte maîtrise de ces dépenses (0,4 % par an) et le financement des droits rechargeables. ».

Pour aller plus loin :

previsions_financieres_unedic_2013-2014

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