Emplois d’avenir : encore un contrat précaire ?

30 Août

Thème phare de la campagne de François H., la rentrée politique inaugure les emplois d’avenir.

Crédit photo : travail-emploi.gouv.fr

En 3 ans, 150 000 emplois aidés pour les jeunes de moins de 26 ans, peu ou pas qualifiés, résidant dans les zones urbaines sensibles ou rurales vont être créés.

En premier lieu, 100 000 contrats verront le jour en 2013, pour atteindre le nombre de 150 000 en 2014.

Cette nouvelle mesure pour la « bataille de l’emploi » est prise dans un contexte de forte augmentation du chômage.

671 200 jeunes de moins de 25 ans (inscrits en catégories A, B et C) sont au chômage, soit une augmentation de +1,4% au mois de juillet 2012 et +6,7% sur un an.

Le coût de ce dispositif d’insertion professionnelle est évalué à 2,3 milliards d’euros, qui vont s’ajouter à la dette publique actuelle.

Ce dispositif s’adresse spécifiquement aux jeunes sans qualification, aux jeunes titulaires d’un CAP/BEP rencontrant des difficultés d’accès à un premier emploi ainsi qu’aux jeunes titulaires d’un baccalauréat résidant en zone urbaine sensible (ZUS).

Ces contrats reposent sur un fort engagement des employeurs, à la fois par la formation professionnelle et le tutorat, et sur un accompagnement renforcé assuré essentiellement par les missions locales.

L’Etat prend en charge 75% du montant brut de la rémunération du salarié, embauché en CDI, CDD de 3 ans ou de 1 an renouvelable jusqu’à 3 ans.

Paradoxalement, les emplois d’avenir ne sont pas ouverts au secteur marchand. Serait-ce une volonté de rompre avec le contrat unique d’insertion (CUI) instauré par le précédent gouvernement ?

En effet, les emplois d’avenir relèvent du secteur non marchand, des filières vertes et numériques, des secteurs social et médico-social, aide à la personne, animation et loisirs, tourisme…

L’examen du projet de loi initialement prévu le 24 septembre a été avancé au 10 septembre. Michel S., après avoir prôné la patience pour les demandeurs d’emploi, exige désormais de la vitesse en annonçant sa lutte contre le conservatisme des partenaires sociaux.

Michel S. donne donc le ton de la future concertation avec le patronat et les syndicats au sujet du contrat de génération.

Quant aux partenaires sociaux, ils ne voient pas la pertinence de ces nouveaux contrats aidés, pâle copie des emplois jeunes de 1997 sous Lionel J. Ils ne sont pas une solution pérenne contre le chômage. Laurence P. a d’ailleurs qualifié ces emplois d’avenir de « dispositif pas terrible » et considère que ce n’est pas le « moment d’augmenter la fonction publique territoriale », préférant le dispositif « zéro charges ».

De son côté, la CGT a d’ores et déjà annoncé un mouvement de grève pour le 9 octobre prochain.

Encore une fois, les emplois d’avenir sont une solution précaire pour ces jeunes peu ou pas qualifiés, stigmatisant les zones urbaines sensibles.

En outre, cette mesure peut provoquer un sentiment de division pour les demandeurs d’emplois, qualifiés, cadres qui demeurent au chômage.

Désormais que vous soyez qualifiés ou non, le chômage est de longue durée dans un pays où la croissance est nulle et où les perspectives économiques sont mornes.

Une Réponse to “Emplois d’avenir : encore un contrat précaire ?”

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  1. Michel Sapin à l’épreuve de Maslow… | Emploi et Recrutement - 30/08/2012

    […] viens de lire avec grand intérêt le billet de Mamzelleblog au sujet des emplois d’avenir. En dehors  des 50.000 chanceux/par an (sur combien déjà ?) qui vont prendre un nouveau départ […]

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