Le marathon social du 29 mai 2012

29 Mai

La consultation sociale de ce jour à Matignon préfigure le renouveau du dialogue social que veut instaurer François Hollande afin de se démarquer de la position de son prédécesseur sur l’inertie des corps intermédiaires.

Crédit photo : gouvernement.fr

Jean-Marc Ayrault, accompagné de Michel Sapin (Travail), Marylise Lebranchu (Fonction publique), Marisol Touraine (Affaires sociales) et Arnaud Montebourg (Redressement productif) après son insistance, a reçu tout au long de la journée les partenaires sociaux.

Cette première prise de contact sera suivie d’une réunion le 5 juin prochain avec l’ensemble des partenaires sociaux, syndicats et patronat, avant la conférence sociale de la mi-juillet, cette fois-ci à l’Elysée.

9h00-10h00 : CFDT

François Chérèque

François Chérèque, secrétaire général de la CFDT, a fait part de ses priorités :

1/ le problème de l’emploi : le chômage, les moyens alloués à Pôle emploi, les aides aux salariés en difficultés bénéficiaires de contrats aidés, la création d’une mission interministérielle sur les plans sociaux afin d’instaurer un process réactif en cas de difficultés dans une entreprise, en concertation immédiate avec les partenaires sociaux.

2/le pouvoir d’achat : la CFDT propose de réétudier sur le fond l’utilisation des 30 milliards d’aide sur les bas salaires, de travailler en priorité sur le déroulement de salaire permettant aux salariés de sortir du SMIC.

En effet, François Chérèque est favorable à un coup de pouce du SMIC mais l’augmentation du SMIC ne doit pas peser sur les bas salaires. Il rejoint le point de vue du groupe d’expert du SMIC. Des augmentations importantes et répétées du SMIC provoquent au contraire un tassement de la distribution des salaires en bas de l’échelle et limitent donc les perspectives d’évolution salariales pour les travailleurs faiblement rémunérés tout en réduisant l’espace de la négociation collective.

Or, la négociation salariale, tant au niveau des branches que des entreprises, joue un rôle important dans l’évolution de carrière des salariés et dans l’amélioration de leur pouvoir d’achat.

C’est pourquoi, François Chérèque insiste sur le déroulement de carrière des salariés dont les salaires ne doivent pas demeurer au SMIC toute leur vie.

3/ les retraites : François Chérèque veut revenir sur la réforme de la retraite de 2003, sur le départ à la retraite à 60 ans, sur l’élargissement aux salariés qui ont travaillé dès 18 ans. Pourtant critiquer il y a 9 ans, il veut réfléchir sur une nouvelle réforme des retraites permettant aux salariés de décider de leur départ à la retraite en fonction de leur choix de carrière professionnelle. François Chérèque propose de revoir le décret de 2003 sur les carrières longues et de prendre en compte les périodes de chômage pour les salariés qui ont cotisé, qui sont au chômage, qui ont leurs 41 annuités et qui ne peuvent pas partir à la retraite.

François Chérèque conclut en qualifiant la démarche d’aujourd’hui de louable mais espère que ces concertations auront lieu tout au long du quinquennat.

10h00-11h00 : CGPME

Jean-François Roubaud

Jean-François Roubaud a exposé aux ministres sa crainte d’une augmentation éventuelle des charges des TPE-PME, le coût du travail, la compétitivité des entreprises ainsi que les difficultés de trésorerie qu’elles rencontrent.

En outre, il a affirmé son opposition au coup de pouce du smic qui a suffisamment été augmenté en 2012 et au retour de l’âge de départ à la retraite à 60 ans.

Jean-François Roubaud loue la véritable volonté de dialogue social du nouveau gouvernement avec les PME qui ont été mises en avant durant la campagne présidentielle de François Hollande.

Il espère que ce dialogue social sera maintenu tout au long du quinquennat.

11h00-12h00 : CFE-CGC

Bernard Van Craeynest

Bernard Van Craeynest alerte sur une éventuelle réforme des retraites en demandant au gouvernement de prendre en compte les conséquences de celle-ci sur les retraites complémentaires AGIRC-ARRCO, c’est-à-dire leur revalorisation et surtout pas leur abaissement.

La CFE-CGC est pour une augmentation de tous les salaires dans un contexte où il ya un resserrement de l’éventail salarial.

Les questions de l’emploi, de la croissance et de l’économie doivent être au cœur du dialogue social.

En outre, il est nécessaire de traiter de manière plus approfondie pour trouver des solutions et recréer le facteur démontrant à l’opinion publique que les syndicats ne sont pas dans le superficiel mais dans un vrai travail, sans instrumentaliser qui que ce soit.

Bernard Van Craeynest évoque le dialogue social d’antan qui se faisait à « trois » et qui était improductif. « La CFE-CGC, ce n’est pas cela ». Bernard Van Craeynest veut redorer l’image des syndicats, que chacun ait envie d’être acteur de ce dialogue social, et augmenter le taux des adhésions.

Selon Bernard Van Craeynest, Jean-Marc Ayrault est très à l’écoute. Il ne veut pas rater cette première marche et a la volonté d’élaborer une méthode, une façon de se concerter en définissant les rôles de chacun.

Demain, il rencontrera Marisol Touraine au sujet du décret sur les retraites. Selon la CFE-CGC, la réforme de 2010 permet à peine d’obtenir un retour à l’équilibre. Le dossier « retraites » est à reprendre et doit être traité dès septembre prochain.

12h00-13h00 : FO

Jean-Claude Mailly

Jean-Claude Mailly a précisé qu’ils avaient fait un tour d’horizon des dossiers sans entrer dans les détails : le financement de la protection sociale, le service national, la formation professionnelle, l’emploi, les retraites et le relèvement du smic, y compris avec les conventions mixtes paritaires.

Il est vigilant sur la réforme des retraites et notamment sur la prise en considération des périodes de chômage ainsi que des fins de droits.

Les questions du chômage, de l’emploi et des plans sociaux ont été évoquées, bien que les entrées comme demandeurs d’emploi soient globalement le fait des fins de CDD, des missions d’intérim et du recours abusif aux ruptures conventionnelles.

Il a demandé la suppression du forfait de justice de 35 euros.

Jean-Claude Mailly souhaite que la banque nationale d’investissement soit rapidement mise sur pied, « Il faut aller vite ».

Il conclut en précisant que ce fut un dialogue républicain, un premier contact bilatéral. « On jugera aux actes comme toujours ».

14h30-15h46 : CGT

Bernard Thibault

Muni de sa liste noire des 46 entreprises en redressement ou en liquidation, Bernard Thibault, accompagné de ses deux futurs successeurs Nadine Prigent et Eric Aubin, se félicite que ce ne soit pas les mêmes interlocuteurs et que la CGT y est peut-être pour quelque chose.

Il précise qu’un tour d’horizon des problèmes urgents à la fois sur le plan économique et social a été réalisé, sans cacher son impatience vis-à-vis des changements annoncés lors de la campagne présidentielle de François Hollande sur le pouvoir d’achat, le SMIC, les obligations des entreprises, la mise à plat des aides publiques…

Bernard Thibault a demandé le rétablissement de l’allocation équivalent retraite (AER) qui a été supprimée et remplacée par l’allocation transitoire de solidarité.

Au sujet des retraites, la porte n’est pas totalement fermée à l’élargissement du champ d’application.

Bernard Thibault suggère également au gouvernement de s’appuyer sur les forces vives du syndicalisme, qui ont souhaité le « changement », plutôt que de reprendre les vieilles recettes avec la CFDT, sans la nommer.

En outre, il souligne le flou des élections professionnelles au sein du MEDEF par rapport à la transparence sur la représentativité syndicale des salariés au sein de l’entreprise.

Bernard Thibault souhaite que la RGPP soit stoppée. Au contraire, les effectifs du service des fraudes au sein du ministère des Finances devraient être renforcés afin de poursuivre les entreprises et les plus fortunés qui fraudent.

Concernant les plans sociaux, il propose de mettre en place des moyens juridiques pour que les entreprises puissent stopper les licenciements économiques abusifs. Le gouvernement va d’ailleurs croiser ou cumuler la liste noire des 46 entreprises établie par la CGT.

Sur le SMIC, Bernard Thibault précise que le premier ministre ne s’est pas dévoilé. La CGT souhaite la création d’un mécanisme automatique ainsi qu’une contrainte juridique afin que les grilles de salaires évoluent en fonction du SMIC.

Des sanctions devraient également être appliquées pour mettre en œuvre très concrètement l’égalité hommes-femmes en entreprise.

Bernard Thibault a conclu d’un : « La CGT pèse et pèsera toujours, nous allons en faire la démonstration ».

15h46-17h30 : CFTC

Philippe Louis

Pas de retour média en ma possession.

17h30-18h30: MEDEF

Laurence Parisot

Laurence Parisot qualifie cette rencontre de bonne réunion de travail qui marque une méthode appréciée. Le MEDEF souhaite valoriser le dialogue social afin de trouver le consensus.

Selon, Laurence Parisot, il faut penser le social avec l’économique et inversement.

Elle a alerté le gouvernement sur la dégradation de la situation économique et sur l’augmentation des défaillances des entreprises.

En outre, Laurence Parisot intègre la notion européenne dans la réflexion de ce jour. Elle suggère de revoir le SMIC au niveau européen et a cité par exemple l’Allemagne qui n’en a pas. Ainsi, l’instauration d’un SMIC européen pourrait égaliser la compétitivité par une plus grande cohésion sociale.

Laurence Parisot a également évoqué la lourdeur des charges qui pèsent sur les entreprises.

Elle a remis au premier ministre un document sur l’effondrement des marges des entreprises. Laurence Parisot remet en cause une revalorisation du SMIC trop importante ainsi qu’une nouvelle réforme des retraites qui augmenteraient les cotisations patronales et salariales.

En effet, au sujet des retraites, le MEDEF attend du COR un vrai chiffrage afin de ne pas causer la faillite du régime de retraite complémentaire (Argirc-Arrco, sans la nommer) pour 2014-2015.

Laurence Parisot a attiré l’attention du gouvernement sur le fait que, même avec la réforme de 2010, l’équilibre ne sera pas atteint en 2017. Si la réforme des retraites élargit le champ d’application, les investisseurs risquent de devenir frileux vis-à-vis de la France.

Concernant les plans sociaux, Laurence Parisot précise qu’ils ne sont pas plus nombreux que l’année dernière. Certes, c’est déjà trop. Laurence Parisot craint en particulier pour le second semestre 2012. Elle suggère de faire confiance aux entreprises, aux DRH et aux représentants du personnel. S’il y a des blocages, la formule du médiateur est très utile. Il faut penser accompagnement, reconversion et faciliter les passages.

Ce soir, François Hollande intervient dans le journal de 20 heures…. Attention à l’omniprésence, à l’omnipotence…..

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