La réforme de la réforme

2 Fév

Gérard Larcher, sénateur des Yvelines, a été missionné par Nicolas Sarkozy lors du sommet social du 18 janvier 2012 pour faire un état des lieux de la mise en œuvre de la loi du 24 novembre 2009 relative à l’orientation et à la formation professionnelle tout au long de la vie et pour trouver des axes d’amélioration.

Crédit photo : u-m-p.org

Les Missions

Nicolas Sarkozy fixe quatre objectifs prioritaires :

1 / orienter de manière efficace la formation professionnelle vers ceux qui en ont le plus besoin et notamment les demandeurs d’emploi : clarifier l’architecture institutionnelle et la répartition des rôles entre les régions, Pôle emploi et les OPCA ;  rendre lisible et améliorer l’action publique notamment en allouant pour la formation des demandeurs d’emploi plus de crédits à Pôle emploi qui ne gère actuellement que 15% desdits crédits.

2/ inciter les entreprises à mieux former leurs salariés en y consacrant les fonds adéquats et en renforçant la place dévolue à la négociation collective : rationnaliser les dépenses des entreprises issues des contributions obligatoires des employeurs.

3/ développer la formation professionnelle comme outil de promotion sociale

4/ créer une meilleure adéquation entre l’enseignement professionnel et les réalités du monde économique : renforcer le lien entre formation initiale et formation continue afin de faciliter l’insertion dans l’emploi des jeunes ; développer la formation en alternance, notamment durant la dernière année de lycée professionnel afin de répondre aux besoins des entreprises.

Les difficultés sur le terrain

La loi réformant la formation professionnelle a notamment créé la sécurisation des parcours professionnels, le FPSPP, la portabilité du DIF, le bilan de compétence tous les 5 ans, le passeport orientation et formation, le DIMA (dispositif d’initiation aux métiers de l’alternance), la POE (préparation opérationnelle à l’emploi), etc.

Pourtant, force est de constater que cette réforme de la formation professionnelle n’est pas une réussite. Lors d’un séminaire, j’ai pu constater les doléances des participants, et notamment des DRH qui rencontraient des difficultés à mettre en œuvre cette réforme.

Le rapport de Gérard Larcher, qui doit être rendu à Nicolas Sarkozy début avril 2012, répondra-t-il concrètement aux attentes des personnes sur le terrain ou reprendra-t-il l’annonce du président au sujet de l’offre de formation qui  va être réglementée de la même manière que l’offre raisonnable d’emploi (ORE) pour les demandeurs d’emploi de longue durée. Ces demandeurs se verront proposer une formation. A l’issue de cette formation, le demandeur d’emploi devra accepter l’offre d’emploi sous peine de radiation.

Le gouvernement considère que les demandeurs d’emploi ne savent fonctionner qu’à la menace de la radiation. Pourtant, certains sont volontaires mais dans le marasme du pôle emploi, rares sont les agents capables de les orienter vers une formation,  d’en expliquer son articulation, en fait, de répondre à d’évidentes questions : à qui dois-je m’adresser pour réaliser cette formation ? Comment est-elle financée ? Aurais-je des revenus durant cette formation ?

Ce n’est donc pas un manque de volonté mais plutôt un manque criant d’initiative et de compétences de certains agents du pôle emploi.

Dès lors, il est toujours intéressant de remettre en question telle loi ou tel dispositif d’aide au retour à l’emploi dans la mesure où les moyens, c’est-à-dire la formation adéquate, sont donnés à ceux qui doivent mettre en œuvre tous ces textes législatifs au quotidien dans le monde réel des demandeurs d’emploi.

Quant au DRH, certains sont très professionnels et d’autres ne proposent aucune formation au cours de la vie du salarié, soit pour renforcer ses compétences, soit pour se réorienter en vue d’une future mobilité interne ou externe. Pourtant des entretiens professionnels annuels ont lieu. A l’issue de cet EPA, bien que le salarié ait suivi une ou plusieurs formations au cours de l’année,  l’acquisition de nouvelles compétences est rarement reconnue dans l’entreprise, obligeant l’employeur à réévaluer à la fois le statut et le salaire du salarié.

La formation professionnelle tout au long de la vie est pourtant essentielle, à la fois comme porte d’entrée pour les jeunes sur le marché du travail, reconversion des seniors ou des salariés victimes de PSE, ou pour l’acquisition de nouvelles compétences d’un salarié.

Donnons-nous enfin les moyens de mettre en œuvre cette réforme de la formation professionnelle à la fois par une simplification administrative et par un accompagnement ciblé des demandeurs d’emploi et des salariés.

Lettre de mission adressée à Gérard Larcher en date du 27 janvier 2012

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