Immigrés responsables de tous les maux ?

23 Mai

Le thème de l’emploi cache-t-il l’orientation politique française d’une immigration ferme et choisie ?

D’après une vague enquête de la Drees de septembre 2006 à janvier 2007 retranscrite par la DARES, la plus grande difficulté pour les bénéficiaires d’un titre de séjour est de trouver un emploi.

En 2006, 43% des nouveaux détenteurs d’un titre de séjour permanent étaient en emploi. 65 % sont des hommes contre 24% de femmes.

Leur situation sur le marché du travail varie selon plusieurs facteurs : leurs origines géographiques, leur formation initiale et leur réseau de connaissances.

44% des nouveaux détenteurs d’un titre de séjour en 2006 d’au moins un an l’ont obtenu au titre de conjoints français et 20% sont accordés pour « liens personnels et familiaux », dont 59% sont des femmes. Le regroupement familial représente 12% de ces obtentions de titre de séjour dont 71% sont des femmes.

En revanche, l’immigration dite professionnelle ne représente que 4% des obtentions de titre de séjour dont la composante masculine est très forte (72%).

Ces nouveaux détenteurs de titre de séjour sont 45% d’origine maghrébine, 25% d’origine africaine et 10% d’origine asiatique.

Les nouveaux détenteurs d’un titre de séjour nés en Asie ou en Europe sont plus en emploi en 2006 que ceux nés au Maghreb ou en Afrique.

Ces écarts s’expliquent par les différences de taux d’emploi des femmes. En effet, seulement 14% des femmes d’origine maghrébine sont en emploi contre 42% des femmes d’origine asiatique. Ces écarts sont nettement moins élevés chez les hommes.

Par ailleurs, le taux d’emploi est plus élevé chez les immigrés qui sont installés depuis plus longtemps sur le territoire français car ils ont notamment acquis une meilleure connaissance du marché du travail et peuvent avoir recours à un réseau plus dense pour trouver un emploi.

Par contre, seulement 34% des réfugiés sont en emploi, indépendamment de leur durée de présence en France. Ces personnes, de par leur histoire personnelle, connaissent plus de difficultés d’insertion.

Un autre facteur bloquant pour les bénéficiaires d’un titre de séjour d’au moins un an en 2006 pour trouver un emploi est leur faible formation initiale ainsi que leur inactivité professionnelle dans leur pays d’origine. 45% ont suivi des études secondaires et 33% se sont arrêtés après l’enseignement primaire. A cela s’ajoute l’illettrisme qui touche 11% des bénéficiaires du regroupement familial et plus particulièrement les femmes.

Les femmes ayant plusieurs enfants ont également de grande difficulté à entrer sur le marché du travail.

Pourtant, 34% des nouveaux détenteurs d’un titre de séjour en 2006 déclarent avoir recherché un emploi au cours du dernier mois et 76% d’entre eux sont inscrits à l’ANPE.

Au total, 40% des bénéficiaires d’un titre de séjour sont titulaires d’un CDI, bien évidemment dans le secteur privé, contre 30% en CDD et 18% en contrat d’intérim.

Cette entrée dans l’emploi est en partie le résultat de l’efficacité des réseaux réservés aux étrangers, sorte de « niches d’emploi » par le biais de leurs relations familiales, personnelles ou professionnelles.

Enfin, l’étude de la Drees révèle que 11% des bénéficiaires d’un titre de séjour d’au moins un an déclarent ne pas avoir de contrat de travail. Serait-ce une mise en évidence du travail dissimulé ? La Drees s’en défend et table sur une incompréhension de la législation française par les immigrés.

En tout état de cause, cette étude est publiée au lendemain des déclarations de Claude G. lors de son Grand Rendez-Vous Europe 1 / Le Parisien le dimanche 22 mai.

Au cours de cet interview, Claude G. développe un argumentaire bien rôdé, glissant insidieusement de l’immigration irrégulière à l’immigration de travail, avec une volonté franche de lutter contre le communautarisme.

Claude G. déclare : « Ce que je voudrais, c’est que le flux des étrangers dans notre pays soit traitable par notre pays, que nous soyons capable d’intégrer cette population, de la faire vivre selon la règle commune et pour ça, je dis qu’il faut réduire le nombre, c’est-à-dire, lutter évidemment de façon très ferme contre l’immigration irrégulière. Le parlement, à cet égard, […] vient de vote une loi qui va nous permettre d’améliorer les choses. Et puis, il faut aussi réduire l’immigration légale, il y a l’immigration du travail.

La France a accueilli l’année dernière 200 000 étrangers supplémentaires en séjour régulier. Je me permets de vous dire que c’est l’équivalent d’une ville comme Rennes. Je veux descendre à 180 000. Je veux une inflexion.

Puisque nous parlons d’une immigration de travail, pourquoi veux-je la réduire ? Je constate que nous avons en France 2 650 000 demandeurs d’emploi. Je constate que la France, à la différence de l’Allemagne, a une démographie qui lui permet d’amener chaque année 110 000 personnes de plus en population active.

Contrairement à une légende, il est inexact que nous ayons besoin de talents, de compétences, etc. Il y a de l’ordre de 2 000 personnes […]qui viennent chaque année à ce titre, on n’a pas besoin de maçons, de serveurs de restaurants. Il y a en France la ressource.

Après la crise […], on ne peut pas indéfiniment refuser un travail normal et quelqu’un qui refuse plusieurs fois un travail normal ne doit plus être inscrit comme demandeur d’emploi et bénéficier des aides publiques. »

La campagne est lancée. Un rapport de la Drees, les déclarations de Claude G. sur l’immigré chômeur et profiteur de la politique sociale française, une loi sur l’immigration adoptée par le Parlement le 11 mai dernier pleine de belles promesses et une liste des métiers ouverts aux étrangers qui doit être diminuée  selon Xavier B. des métiers en tension.

Programme habituel où emploi et immigration sont intimement liés, tels Nicolas S.et Patrick B.

Dès lors, nous pouvons nous demander si nous nous dirigeons vers une immigration de « salariés » dont leur entrée en France est conditionnée par la signature d’un contrat de travail et de réfugiés politiques ? Ce n’est plus une inflexion de 20 000 demandes de titre de séjour mais une réorganisation des règles d’accessibilité au territoire français qui est au cœur de la réflexion gouvernementale.

Pourquoi ne pas chercher véritablement du côté des employeurs qui n’hésitent pas à utiliser une main-d’œuvre issue d’une immigration irrégulière sous payée mais prête à accepter des conditions de travail déplorables pour rester dans notre pays ?

Et quoi pensez de l’Etat qui prélève l’impôt sur le revenu de travailleurs issus de cette immigration illégale ?

Vos avis sont les bienvenus sur ce sujet épineux….

Une Réponse to “Immigrés responsables de tous les maux ?”

Trackbacks/Pingbacks

  1. La preuve…. ? « mamzelleblog - 27/05/2011

    […] l’inflexion de 20 000 immigrés annoncée par Claude G. n’est pas encore mise en œuvre. L’immigration n’est donc pas responsable de tous les maux. L’immigration de travail est nécessaire à la France apportant de la main-d’œuvre de […]

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